Les expressions langagières – Animation médiathèque Haut du Lièvre – 9/12/2016

C’est la troisième animation de l’année 2016. Au programme : les expressions langagières courantes, ces formules toutes faites qui font souvent office de commentaires et enrichissent le discours. Utilisant le principe de l’allégorie, elles ont recours aux images, aux comparaisons, aux métaphores, aux hyperboles, aux représentations, voire aux jeux de mots. Ce faisant, elles convoquent l’imaginaire, pour amener à saisir, mais de façon décalée, des rapports au monde, aux êtres, à l’environnement, des attitudes, des comportements, des manifestations de caractère. A partir d’éléments concrets, connus de tous, l’image verbale créée cherche ainsi à figurer une idée, une pensée, une sensation, une perception, un ressenti.
Convier des personnes encore en apprentissage de la langue à se confronter à l’exercice, il y a là défi à relever. Les organisatrices de la rencontre ont décidé de le lancer.

A la préparation et à l’animation : côté personnel de la Médiathèque de Nancy : Anne Charaud et Homeira Hedayati ; côté CRIL54 : Amélie Comelli, Zhour El Maarri, G. Colin.

Quant aux participants, ce vendredi 9 décembre 2016, ils sont vingt : dix formateurs accompagnateurs bénévoles et dix personnes engagées dans l’apprentissage du français. A 9 H, ils sont tous présents dans les locaux de la médiathèque Haut du Lièvre. C’est alors le temps de l’accueil, celui des premiers contacts et échanges, dans le partage de boissons et la dégustation d’un gâteau fait maison. Passé ce moment convivial, les binômes sont constitués et invités à prendre place autour des tables qui occupent les deux petites salles de travail de la structure.

Bref moment d’effervescence, puis la démarche prévue peut être mise en oeuvre. L’activité proposée : constituer des paires d’expressions, toutes deux devant référer au même thème, mais dont l’une est l’inverse de l’autre. Exemples : avoir le diable au corps et être sage comme une image ; être comme chien et chat et s’entendre comme larrons en foire ; manger comme un ogre et avoir un appétit d’oiseau ; faire grise mine et être tout sourire.

Pour effectuer cette tâche, chaque binôme reçoit une pochette contenant deux séries de vingt-trois bandes en bristol prédécoupées. De façon à faciliter l’appariement, les deux séries sont de couleur différente.
Grâce aux précisions apportées et du fait d’être confronté à des papiers de deux couleurs, chacun saisit rapidement le but du jeu : marier les rubans. Première étape : les étaler de façon à les avoir tous sous les yeux. Puis, lire et, -premier vrai travail-, essayer de comprendre. Là, se déploie instantanément tout le savoir-faire et la compétence du formateur bénévole qui accompagne. Usant de gestes, de mimiques et de rapprochements avec le sens dit “propre”, il amplifie la signification des mots contenus dans l’expression. Doucement, en prenant le temps, il s’efforce d’amener la personne à laquelle il s’adresse, à franchir la ligne de démarcation entre concret et abstrait. Ainsi ladite personne va-t-elle pouvoir, non seulement acheter sa baguette ou son ticket de bus, mais aussi comprendre les subtilités de la conversation, ces tournures en face desquelles elle se sent coite alors qu’elles amusent la compagnie dans laquelle elle se tient. L’expression une fois saisie, il faut ensuite trouver celle qui lui correspond dans l’autre couleur.

Nouveau travail de déchiffrage, réactivation de la machine à penser. Dans ce jeu, impossible de s’en remettre au hasard ; il faut impérativement chercher et réfléchir.

Que pensez-vous de cette activité ? D’une table à l’autre, les réponses se rejoignent : “C’est un peu difficile, mais on est là pour apprendre”, “Avant, j’entendais mais je ne voyais pas ce que cela signifiait, maintenant, je vais les utiliser quand je parle”, “Je vais les reprendre avec les enfants”, “Ça permet de comprendre ce que les autres ils disent”. Venue avec son cahier, une des participantes recopie chaque phrase puis la traduit dans sa langue d’origine. Et côté accompagnants : “C’est compliqué parce qu’il faut beaucoup expliquer, mais j’aime donner des explications”, “Certes, c’est complexe pour ceux qui maîtrisent encore mal la langue, mais c’est cela tirer vers le haut”, et puis, “De toutes façons, c’est bien de donner le maximum ; dans celui-ci, chacun peut se situer en fonction de son niveau et de ce qu’il veut”. Au final : “C’est intéressant les animations ; ce serait bien qu’il y en ait plus souvent”. En outre, “Ce type de rencontre permet de constater que l’on n’est pas seul à être en difficulté avec la langue française”. Qui plus est “Du fait que chaque table réunit quatre personnes, cela crée de l’émulation”.

C’est vrai, les formules proposées étaient plus ou moins complexes ; certaines trouvaient aisément leur pendant, d’autres moins. Ces dernières appelaient à imaginer davantage. Mais, à voir les sourires et la manière dont tous se sont pleinement investis dans le jeu, il semble qu’il ait pu être un moment de plaisir.

Pour clore la matinée, rassemblés devant le tableau, les participants ont été conviés à regrouper les expressions en fonction de leur rapport avec les termes génériques suivants : parties du corps – animaux – nourriture – état d’être. Les réponses fusent, la bonne humeur est au rendez-vous.

Quand aura lieu la prochaine animation ? Pour l’heure, rien n’est encore décidé, mais il y en aura une dans le courant du premier trimestre de l’année 2017, cela est sûr. D’autant plus certain qu’elle est demandée, voire attendue.

Site web des Bibliothèques et Médiathèques de l’agglomération Nancéienne : http://www.reseau-colibris.fr/

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