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Défis de l’écriture 

Défis de l'écriture 2016

Le poids des mots……...

Les mots ont un poids, ils sont vivants : ainsi la psychanalyste Maud Mannoni a-t-elle intitulé le livre qu’elle a rédigé en 1995. Lorsqu’elles ont entendu l’expression Le poids des mots, qu’est-il venu à l’idée des personnes appelées à produire un écrit dans le cadre des Défis de l’écriture 2016 ? Parler de mots, pourquoi pas, mais le champ est immense ! Alors, quelle clé utiliser pour y entrer. D’autant que tout mot a ceci de particulier que, lu ou entendu, il est perçu et traduit de manière spécifique et personnelle par chacune et par chacun. D’où l’impossibilité d’en donner une signification exacte et exhaustive et le fait qu’aucune définition ne puisse rendre compte de l’ensemble des acceptions qu’il englobe. D’ailleurs, il n’est que de lire les textes reçus au CRIL541 pour constater cela. Que je prononce les mots “voyage” ou “famille”, “enfant” ou “liberté”, “nature” ou “musique”, et chacun de déplier l’imaginaire qui lui est propre.

Premier constat : en tant qu’être humain, je suis, de fait, un être de langage, et, conséquemment, à la fois récepteur et émetteur de mots. Combien ? Les versions 2017 du Petit Larousse et du Petit Robert annoncent soixante-trois mille mots. Sachant que l’essentiel peut se dire en six cents mots, voire trois cents si on reste sur un plan strictement pratique, l’homme instruit a minima est censé en connaître, et pouvoir en utiliser, entre trois mille et six mille. Reste qu’il ne suffit pas d’avoir une idée approximative du mot, encore faut-il être capable de s’en servir à bon escient. C’est là le sens et la finalité de l’apprentissage langagier. C’est là aussi que gisent les difficultés auxquelles sont confrontés celles et ceux qui font appel au CRIL54 parce qu’ils souhaitent améliorer leur maîtrise de la langue française. Analyser les requêtes adressées à la structure permet de constater ce qui suit : certaines émanent de personnes salariées mais dont l’emploi est instable, voire menacé, en raison de la faiblesse de leur niveau langagier ; quelques unes sont le fait de pères, de mères qui prennent conscience du décalage qui risque de se creuser entre eux-mêmes et leurs enfants ; d’autres sont liées à la possibilité d’obtenir une carte de séjour.
En fait, quelles que soient les motivations, elles visent toutes le même but : acquérir les bases langagières permettant de se sentir mieux intégré dans la société. Et qui dit “bases langagières” implique l’accès aux mots.

Vu de l’extérieur, un mot est une juxtaposition de lettres. Assemblées de façon prédéfinie, ces lettres produisent les syllabes et les sons qui forment les mots. C’est ce processus quelque peu magique qui suscite la curiosité de quelques-uns des participants aux Défis. Parce qu’en fait comment un assemblage de caractères plus ou moins aléatoire parvient-il à dire quelque chose de nos idées, de nos pensées, de la réalité du monde qui nous entoure ? Mystérieuse complexité, en vérité. L’énigme demeurant non résolue, sur quoi les uns et les autres se sont-ils appuyés pour opérer une sélection dans la multitude de vocables que comporte le lexique ? Famille, enfance, liberté, amour, temps qu’il fait, travail, tradition, fête, musique, nature, voyage, printemps sont au fondement d’un grand nombre d’écrits. Déployer ces concepts permet à leurs auteurs de célébrer la joie, le bonheur, l’espoir qui éclairent la vie. Moins nombreux, mais cependant bien présents, plusieurs textes osent aborder le champ lexical de la douleur. Ils convoquent la guerre, la maladie, le sang, la haine, les déplacements de populations, le racisme, la colère. Certes, ces items sont tristes et font mal, mais ils sont une part de notre monde et les taire ou les ignorer ne les rend pas moins existants. Cette dualité du réel, d’aucuns la traduisent à partir de mots qui présentent deux faces différentes. Ce double abord ils le signifient en disant qu’il n’y a pas de rose sans épine, que le soleil est présent par tout le monde, tant dans le pays d’accueil que dans celui laminé par la guerre, que le sang trahit la blessure mortelle mais est aussi symbole de vie, et que le café, s’il rappelle l’Etat qu’il a fallu quitter évoque également le plaisir de se réunir avec ses amis.

Poids des mots, pouvoir des mots. Les mots sont comme la langue d’Esope, c’est-à-dire capables du meilleur et du pire. Ainsi peuvent-ils faire chanter ou pleurer, encourager ou désespérer, valoriser ou abaisser, apaiser ou provoquer la colère, rendre heureux ou blesser, mettre sur un piédestal ou réduire à néant. Précision relevée par certains “écrivants” : les mots mal reçus peuvent ne pas avoir été dits avec l’intention de blesser. Cependant, le danger existe et il est important d’en être conscient car on est responsable des propos que l’on tient. Il est ainsi des moments où il est préférable de se taire, surtout quand on sait son interlocuteur fragile et vulnérable.

Ce qui est écrit dans les paragraphes ci-dessus vous pouvez le découvrir dans les cent soixante-quatorze textes que contient le recueil des Défis de cette année 2016. Vous y rencontrerez des auteurs qui vous diront que les mots virevoltent, bercent, amusent, font rire, voyager, rêver, qu’ils sont le fil que les hommes tissent entre eux et qui les relient, et que poèmes et romans n’existent que par eux et grâce à eux. Ces écrivains prennent d’ailleurs soin de préciser qu’il faut être attentif à bien les choisir car ils peuvent laisser des cicatrices qui ne s’effaceront jamais.

Si les mots sélectionnés sont variés, de même les formes choisies pour les évoquer, allant du court récit au fragment, en passant par le poème, la lettre, la sarabande, l’acrostiche. Nombreux sont également les participants qui ont fait le choix de dessiner pour s’exprimer.

“Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse”, affirme le poète Alfred de Musset. Que les mots forment un tourbillon grisant et enivrant, nul ne peut en douter en lisant les textes de celles et de ceux qui ont pris le courage de répondre à l’invitation à participer aux Défis de l’écriture 2016. Merci à eux et grand merci aussi aux bénévoles qui, chaque semaine, accompagnent personnellement un homme ou une femme désireux d’apprendre le français ou d’en
améliorer sa maîtrise. OEuvrant dans l’ombre, ils sont la cheville ouvrière du CRIL54. Ils permettent à tous ceux qui s’adressent au Centre de s’approprier les codes langagiers écrits et oraux qu’il est indispensable de maîtriser pour se sentir inclus dans l’espace sociétal actuel. Et est-il plus beau cadeau que de lire ces paroles d’un accompagné : “Mes mots sont ma liberté” ?

Etre le phare qui éclaire la route des mots : telle est la mission du CRIL54. Pour utile qu’elle soit, cette oeuvre humaine ne pourrait être menée sans soutien financier. Celui qu’accordent les institutions locales et départementales est précieux et les responsables du Centre Ressources tiennent à les remercier pour cette aide qui leur permet de faire croître le nombre de personnes capables d’être autonomes dans le maniement de la langue française.

Geneviève HENRY – COLIN,

Défis de l'écriture 2015

Et si j’osais……

OSER……

Tremblez mais osez ![1] Tel est le titre de l’un des ouvrages que l’on peut trouver dans l’une de ces collections dites “pratiques” qui promettent à tout un chacun de parvenir à se réaliser pleinement dès lors qu’il acceptera de suivre les quelques conseils élémentaires que ne manquent pas de recéler les pages du guide qu’il tient entre les mains.

OSER : qu’est-ce à dire ? De cet infinitif résonnant comme une injonction, quelles définitions proposent les différents dictionnaires que nous avons à notre portée ? Sans avoir essayé de les classer, voici quelques unes des significations que nous avons glanées au fil des pages : entreprendre, de faire ou de dire, avec audace – se permettre de – avoir la hardiesse – avoir le courage de – tenter hardiment quelque chose – affronter – défier – braver – tenter sa chance : tels sont, parmi d’autres, plusieurs des synonymes et expressions qui permettent de percevoir plus clairement le concept “oser”, fil d’Ariane des Défis de l’écriture 2015, centrés sur l’accroche : et si j’osais……..

Les apprenantes et les apprenants qui ont relevé le défi ont-ils dû surmonter craintes et tremblements ? Peut-être pas tous, mais il n’est pas impossible que certains aient été confrontés à ce genre de trac. En tout cas, rassurons-nous, cette appréhension ne frappe pas seulement les écrivains amateurs, mais aussi ceux qui sont attitrés. Plusieurs de ceux-ci ont d’ailleurs écrit des textes à propos de l’angoisse de la page blanche. En cette année 2015, cette forme de paralysie n’a, apparemment, pas touché le CRIL54, puisque cent cinquante-deux personnes ont pu dire, par écrit, ce qu’elles aimeraient pouvoir oser.

Diverses et variées, sont les aspirations que l’on découvre au fil des textes. Certaines tournent autour de l’idée de partir, pas forcément loin, ni longtemps, mais changer de cadre. Beaucoup parlent de franchir les limites relevant de normes acquises, induites par la culture, par l’éducation reçue. Mais comment transgresser les interdits et les codes établis ? Certes, faire seul serait possible, mais il faudrait un appui, l’aval des proches, être moins dépendant. Alors, oser se déclinerait de mille et une façons dont : parler, écrire, prendre la parole dans une assemblée, répondre à une offre d’emploi, changer de métier, formuler une demande, se rendre dans tel service et affronter le guichetier, flâner dans les magasins, se lancer dans l’apprentissage d’une langue, ou celui de la conduite automobile, découvrir ce sport si admiré ou cette pratique artistique si attirante, mettre fin à une relation malheureuse. Préférant renoncer à des envies qu’ils jugent peut-être irréalistes, plusieurs participants ont choisi de rêver, ou de se transporter dans le purement fictif, jusqu’au burlesque. Forts de cette autorisation qu’ils ont su se donner, ils ont pu s’octroyer des pouvoirs qu’ils savent ne jamais avoir, inventer des situations totalement rocambolesques. Mais l’essentiel n’est-il pas de goûter un moment de pure jouissance, fût-elle fictive ? Reste que, pour réducteur que soit le résumé ci-dessus, il laisse vraiment apparaître la richesse des écrits qui ont été réalisés. Au final, un véritable travail, effectué seul ou en étant soutenu, accompagné, épaulé par l’un de ces bénévoles qui sont la cheville ouvrière du CRIL54.

Les bénévoles ? Des femmes et des hommes qui, chaque semaine, donnent un peu de leur temps pour accompagner dans l’apprentissage de la langue française une personne ayant passé l’âge de la scolarité obligatoire. Et cela, sur l’ensemble du département, après une formation étalée sur six jours, non consécutifs. Pour quoi une formation ? Parce qu’enseigner la langue à des adultes ne s’improvise pas. Méthodologie, pratiques, manières de procéder, modes d’intervention : il ne faut pas moins de ces journées pour être initié aux outils, méthodes et processus et percevoir quelle disposition d’esprit il est bon d’adopter lorsque l’on s’adresse à des individus, loin de toute préoccupation d’ordre scolaire. Pour importante et intéressante qu’elle soit, la tâche est délicate et fragile, tant du côté accompagnateur que du côté apprenant. En effet, il est souvent laborieux d’apprendre une langue quand on a plus de vingt ans et que l’on est peu rompu au travail intellectuel. D’où la tentation de découragement contre laquelle les deux protagonistes doivent parfois lutter. Pour la dépasser, il n’est pas d’autre solution que de fixer des objectifs atteignables et de respecter un rythme de cours à la fois régulier et soutenu. On le voit : être bénévole représente un véritable engagement. Alors, un grand merci à celles et à ceux qui acceptent de soutenir cette gageure ; leur engagement et leur implication permettent de faire reculer l’illettrisme.

L’illettrisme : comment ne pas voir qu’il représente un véritable handicap pour ceux qu’il touche ? En France, l’illettrisme est un tabou, et même s’ils le savent présent dans l’entreprise qu’ils dirigent, nombre de dirigeants ont du mal à convaincre les personnels concernés d’entreprendre un réapprentissage des notions de base, surtout s’ils maîtrisent les gestes requis pour le poste qu’ils occupent. Mais qu’en est-il si celui-ci évolue ? Et peut-on espérer un avancement de carrière quand on est illettré ? Se sachant limités dans l’usage de la langue, les salariés touchés refusent généralement toute disposition susceptible de révéler leurs difficultés. Ces turpitudes quotidiennes sont d’ailleurs fort bien décrites dans un ouvrage récent. Là, via la plume de Virginie Jouannet, Gérard Louviot[2] raconte les multiples déboires qu’il a connus avant d’oser frapper à la porte d’un centre tel le CRIL54, où il a rencontré des gens qui l’ont aidé à s’aventurer dans le monde des mots.

Accompagner dans la découverte des mots et de leur usage, c’est tout le sens de l’action quotidiennement menée dans le cadre du CRIL54. Reste que, pour essentielle qu’elle cette œuvre ne pourrait exister sans les subventions que nous octroient nos financeurs institutionnels. Ici et maintenant, nous tenons donc à remercier également tous ceux qui, en nous accordant une aide financière, nous montrent qu’ils reconnaissent la légitimité et la nécessité de l’action que nous menons pour faire pièce à l’illettrisme.

[1] S. JEFFERS, Tremblez mais osez ! Paris, Marabout, 2001 (1987), 224 pages
[2] Gérard LOUVIOT, Orphelin des mots, Paris, XO éditions, 2014, 236 pages

Geneviève HENRY – COLIN,

Défis de l'écriture 2014

Dis-moi dix mots……. à la folie

 

 

Ambiancer

A tire-larigot

Charivari

S’enlivrer-

Faribole

Hurluberlu

Ouf

Timbré

Tohu-bohu

Zigzag

 

 

Vous qui les lisez pour la première fois, que pensez-vous de ces mots ? Et que diriez-vous si on vous demandait d’écrire un texte les contenant, sinon tous, du moins le maximum d’entre eux ? Pour originale qu’elle soit, c’est pourtant bien cette proposition que les administrateurs du CRIL ont retenue pour les Défis de l’écriture de cette année 2014. A l’origine de cette idée, deux éléments importants : d’une part, celui tenant au désir d’explorer une approche plus langagière, moins dépendante du vécu émotionnel ; d’autre part, celui tenant à une opportunité de financement, liée à ce choix.

Ceci étant, pour surprenante que puisse paraître cette proposition, il importe de préciser qu’elle n’est pas neuve, puisque présentée chaque année par le Ministère de la culture et de la communication, dans le cadre des manifestations mises en place par la Délégation générale à la langue française, pour mettre en valeur la façon dont le concept de francophonie se décline à travers le monde. Tous les ans, au printemps, dix mots sont ainsi délivrés, et chacun peut s’en saisir à sa façon, de quelque manière que ce soit, sans devoir forcément répondre à une forme préalablement définie. D’aucuns écrivent des poèmes ou des textes, ou bien se lancent dans la création d’une grille de mots croisés ; certains organisent des tournois de slam, des concours de dessin ou de définitions, des débats, des joutes oratoires ; d’autres n’hésitent pas à s’investir dans une opération micro-trottoir ou dans l’organisation d’un match d’improvisations.

En cette année 2014, au CRIL, on a donc pensé intéressant de tenter l’aventure, même si, au départ, elle ne pouvait paraître que fort osée, voire risquée, sachant que les personnes accueillies au Centre Ressources Illettrisme n’ont, par essence, qu’une très faible maîtrise de la langue française. Certes, il s’agit là d’une réserve qui mérite d’être prise en compte, mais, sans chercher à l’occulter, il est possible de la dépasser pour inviter ces mêmes personnes à constater que l’on peut jouer avec la langue, qu’elle n’est pas que grammaire et orthographe, et qu’il ne faut pas hésiter à franchir ces limites très scolaires pour en découvrir les richesses et les possibilités d’inventivité, ouvertures permettant à ladite langue de demeurer vivante et créative.

En dépit du caractère inédit de l’accroche proposée et au-delà de l’effet de surprise qu’elle a pu provoquer, ils sont cent soixante-cinq à s’être collés à la tâche, la plupart individuellement, quelques uns en s’y mettant à plusieurs, ces derniers peut-être conscients du fait qu’en agissant ainsi on a indéniablement davantage de courage pour affronter l’adversité. Ceci étant il est important de préciser qu’ils n’ont pas été laissés seuls mais accompagnés par des formateurs ayant eux-mêmes expérimenté la chose avant de se risquer à la proposer. Reste que, passé le premier contact avec ces termes peu courants, il faut ensuite les agencer pour en faire un texte, opération pour le moins complexe et délicate, en vérité.

S’il en est certains qui ont peut-être fait la grimace, d’autres, au contraire, semblent avoir trouvé cela drôle et avoir pris plaisir à relever le défi. Leurs textes nous invitent à lâcher prise et à faire la fête, à rire des situations dans lesquelles on est placé, que ce soit lors d’un anniversaire ou d’une soirée, à l’occasion d’un mariage ou d’un déménagement, chez les pompiers, à l’aéroport, sur l’autoroute, voire au musée ou dans un magasin au moment des soldes. Et comment ne pas être touché par la rencontre de celui qui a trouvé des amis, celle de Pierre Loup ou du motard, celle du grand-père qui fête ses quatre-vingts ans ? Quant à s’enlivrer, impossible d’y parvenir sans s’extraire du tohu-bohu et du charivari, en demeurant avec les timbrés et avec les hurluberlus. Là, c’est le silence qui s’impose et permet de pousser un “ouf” de soulagement. Certes, il faut peut-être raconter des fariboles pour quitter le lieu ambiancé, non sans zigzaguer d’ailleurs, pour avoir bu à tire-larigot. Si la plupart des participants paraissent s’être incontestablement amusés, il en est cependant qui sont restés cois. Néanmoins désireux de participer, ils ont décidé de prendre la tangente. De la consigne donnée, ils n’ont retenu que la “folie” et autour d’elle, ils ont brodé. Plus décontractés, certains se sont nettement affranchis de la consigne et ont produit un écrit à partir de mots par eux choisis. Mais l’essentiel n’est-il pas que tous y aient gagné une meilleure maîtrise de la langue et de son utilisation ?

Au fil des ans, Les défis de l’écriture, sont devenus l’opération phare du CRIL54, celle à laquelle les intervenants au Centre Ressources Illettrisme sont attachés parce qu’elle constitue une opportunité unique d’écrire pour des hommes et des femmes qui, jusque là, ont été exclus de cette forme d’expression. Mieux : en participant à ladite aventure, au-delà du fait d’écrire, ils sont aussi publiés, ceci signifiant que des inconnus vont prendre en considération les mots qui viennent d’eux. Belle reconnaissance, en vérité.

Merci donc à celles et à ceux qui, cette année encore, ont pris le courage d’écrire. Et merci aux hommes et aux femmes qui les accompagnent, eux les ouvriers de l’ombre qui permettent que soit franchi un bout du chemin sur lequel chacun acquiert, à son rythme et selon ses capacités, les savoirs donnant accès à la maîtrise de l’écrit.

Reste qu’aujourd’hui, quel que soit le projet, il nécessite d’être alimenté financièrement pour pouvoir être mis en œuvre. Alors, merci aux services et organismes administratifs qui nous accordent des subventions. Leur concours permet indéniablement de gagner en humanité, tant il est vrai que : “Lire et écrire sont deux points de résistance à l’absolutisme du monde"[1].

[1]  Christian BOBIN, Les ruines du ciel, Paris, Gallimard, 2009

Geneviève HENRY – COLIN,

Défis de l'écriture 2013

Cet objet, il me vient de……

2013 : Les Défis de l’écriture ont dix ans.

Dix ans, c’est un anniversaire, et un anniversaire, ça se fête. Comment ? En offrant un cadeau.

“Anniversaire” - “Cadeau”, c’est à partir de ces deux idées qu’a peu à peu émergé l’incipit proposé par le CRIL54 à toutes les personnes désireuses de participer aux Défis de l’écriture 2013 :

Cet objet, il me vient de……...

Ainsi qu’il apparaît quand on la lit, cette proposition peut être considérée selon deux points de vue : celui de “l’objet” – celui de “l’origine”. Cette double polarisation, on la perçoit bien quand on lit l’ensemble des textes qui constituent ce recueil.

Les objets, d’abord. Sans aucun conteste, ce sont les bijoux qui arrivent à la première place. Dans cette catégorie, on trouve donc pêle-mêle bagues, bracelets, montres, colliers, pendentifs, broches, médaillons, boucles d’oreilles, et même une vraie perle, découverte à l’occasion d’un repas de Noël. Une fois recensés ces objets dits “précieux”, procéder à l’inventaire conduit à organiser un grand cortège, façon Prévert, dans lequel on croiserait un chat portant châle et chaussons, des miniatures consultant leurs portables en buvant du café, un nounours jouant de la guitare dans sa maison pleine de bibelots, une peluche veillant sur ses boîtes de souvenirs, des talismans et des porte-bonheur étroitement surveillés, un chaton bleu, regardant la télé sur un tapis tandis que son frère de race, mais russe, apprend le français, un doudou dodelinant de la tête au rythme de son MP3, un jeune homme fumant la pipe, un passeport cherchant son permis de conduire, des parents éternellement jeunes, regard perdu dans le lointain. Et, à l’ombre de la Tour Eiffel, posés à même le sol sur une couverture crochetée : une écharpe, des effets vestimentaires, des appareils-photos, des vases, des tasses, des flacons, un réveil, une clochette, un billet de banque, un crayon khôl, un mouchoir, des boîtes de toutes tailles, des postes transistors, une machine à coudre, un sac de plomberie, un banc de musculation, un vélo. Bref, de quoi remplir sans difficulté la caverne d’Ali Baba.

S’agissant de l’origine, on est à nouveau devant une double focalisation, selon que l’écrivant a privilégié le donateur ou l’espace géographique originel. Ici, surgit le souvenir du pays, de la ville, de la parentèle demeurée là-bas. “Là-bas” c’est l’Albanie, la Thaïlande, Athènes, le Burkina, le Mexique, l’Italie, Tbilissi, l’Arménie, la Turquie, le Maghreb, l’Asie, les Comores. Quant à “eux”, ce sont le père, la mère, la grand-mère, les amis, les frères, “eux” présents pour soi au travers de l’objet que l’on garde précieusement.

Parler de l’objet, le décrire, permet d’ouvrir la porte du souvenir : celui du vécu étant enfant, celui des proches que l’on a dû quitter. Chaque fois que le regard se pose sur l’objet, fût-ce un instant, l’esprit fait alors un saut dans le passé, et invite à dire “Je me souviens”. De celui, de celle, qui est loin mais qui vit à l’intérieur de moi.

Cet objet, il me vient de ……”. Cette année 2013, cent quatre-vingts personnes résidant en Meurthe-et-Moselle se sont saisies de la proposition pour écrire un texte et l’envoyer au CRIL. En 2003, soixante-sept Meurthe-et-Mosellans avaient répondu à l’invitation d’écrire lancée par le CRIL54. Cette augmentation du nombre des participants laisse apparaître deux points importants. D’abord, et avant tout, que sont maintenant plus nombreux les formateurs convaincus du fait qu’il est important d’écrire pour parvenir à maîtriser l’écrit. Mais aussi, que nos sociétés comptent en leur sein un certain nombre d’adultes qui prennent le courage d’affronter les arcanes de la langue française avec le désir de parvenir à les franchir. Car il faut de la volonté pour apprendre à mettre les mots en texte en les agençant de façon cohérente, de même qu’il faut du cœur pour transmettre en respectant le rythme de chacun. Ceci étant, qu’ils soient intervenants formateurs ou apprenants, les responsables du CRIL tiennent à remercier tous ceux qui, cette année et les précédentes, ont participé aux Défis de l’écriture, car c’est un beau cadeau qu’ils offrent en ce dixième anniversaire de ladite opération.

A l’heure de la technologie avancée, l’écrit peut paraître à certains suranné, dépassé. Et pourtant ? Et pourtant, force est de constater que tout perfectionnés que soient des outils comme Internet ou les tablettes tactiles, ils nécessitent de maîtriser l’écrit pour être efficaces. D’où l’utilité d’associations qui, telles le CRIL54, constituent des relais permettant d’accéder à la maîtrise de la langue française.

Reste que, bien qu’étant modeste, le CRIL a besoin d’argent pour pouvoir subsister. Nous ne saurions donc clore cette manifestation sans remercier chaleureusement les administrations et organismes qui, année après année, nous accordent leur aide financière. Leur geste a pour nous valeur de soutien à l’action que nous menons et d’encouragement à la poursuivre. Alors, “Merci ” à eux et à tous ceux qui nous apportent leur concours.

L’homme a gagné en humanité, en force de raisonnement et en savoir en accédant à l’écrit. Que chacun se souvienne de cette réalité  quand il découvrira les textes imprimés dans le recueil produit à l’occasion du dixième anniversaire des Défis de l’écriture.

Geneviève HENRY – COLIN,

Défis de l'écriture 2012

Sur mon chemin, j’ai rencontré……...

telle est l’accroche à partir de laquelle le CRIL54 a lancé l’opération Défis de l‘écriture 2012.

Le thème a vraisemblablement été porteur puisqu’il a conduit à la production de cent quatre-vingts écrits au fil desquels sont déclinés tous les sens que peut prendre le verbe “Rencontrer”. On voit ainsi que “Rencontrer” ce peut être : apercevoir – croiser – entrer en contact – faire connaissance - se trouver en présence de – établir une relation, tout comme c’est aussi : être confronté à – se heurter à – faire face à – affronter. Certes, nombre de manuscrits qui sont arrivés au CRIL54 témoignent de belles rencontres, de rencontres qui font du bien, donnent de la joie, mais il en est également d’autres qui disent les difficultés, les épreuves, la souffrance. Car s’il est vrai que l’on peut être agréablement surpris par le fait de trouver sur sa route des voisins, d’anciennes connaissances, des compatriotes, des gens qui vous accueillent, qui vous aident, avec lesquels on peut partager des moments conviviaux, il n’en demeure pas moins qu’il est des situations où l’on a affaire à des individus qui vous font du mal et qu’il vaut mieux quitter. Ceci étant, ce ne sont pas seulement des personnes que l’on rencontre et assez nombreux sont les écrits qui évoquent des éléments plus abstraits tels que le lien à un animal, la joie liée à la contemplation de monuments ou de paysages, le tête-à-tête avec une part d’enfance, le fait de découvrir le froid, la neige, l’automne, la confrontation à des travers, à des penchants caractériels qui font mal et qui blessent.

Ainsi qu’il a déjà été dit, cette année 2012, cent quatre-vingts personnes ont pris le courage d’écrire. Car il faut du courage pour transcrire sur le papier ce qu’à l’oral on peut exprimer en usant de gestes, voire de mimiques ou d’intonations. La tâche est d’autant plus rude quand on n’a jamais vraiment appris à composer, que l’on a peu fréquenté l’école, ou que l’on n’y est pas allé. Produire un texte, même très court, est difficile, tous les linguistes s’accordent pour le dire, car il ne suffit pas d’avoir des mots, encore faut-il parvenir à les agencer de façon à constituer un ensemble cohérent, un tout qui fasse sens. Cela n’est pas chose aisée et exige à la fois de la volonté et du travail. D’où l’utilité d’être accompagné, soutenu pour pouvoir avancer. Cet accompagnement, il est le fait d’hommes et de femmes qui, une ou deux fois par semaine, donnent cours à des apprenants adultes, dont les âges s’échelonnent entre vingt-cinq et soixante-dix ans. Aide délicate qui requiert attention et humilité, car elle ne peut s’effectuer qu’au pas à pas, au rythme lent de tout apprentissage. Qu’ils soient bénévoles ou salariés, ils méritent d’être ici salués tous ces intervenants formateurs qui s’engagent en faveur de la lutte contre l’illettrisme.

Au temps de l’écriture, succède celui de l’envoi au Centre Ressources Illettrisme de Meurthe-et-Moselle. Là, suivant le vœu émis par son rédacteur, l’écrit est soit scanné, soit dactylographié, puis envoyé chez un imprimeur chargé de réaliser un recueil rassemblant la totalité des textes ayant été produits. Lors de la manifestation de clôture des Défis de l’écriture, chaque apprenti écrivain reçoit un exemplaire de l’ouvrage imprimé. Pour lui, pour elle, c’est le moment de découvrir, non sans quelque émotion, le fruit de son travail d’écriture, inclus dans un vrai livre.

Découvrir l’écrit et apprendre à l’utiliser a permis à l’homme d’accomplir un pas de géant dans la maîtrise de son environnement, car l’écrit c’est à la fois la trace et la transmission, mais aussi le socle sur lequel prendre appui et échanger pour établir de nouvelles connaissances. Certes, il est plus aisé d’asseoir un pouvoir sur un peuple qui ne sait ni lire, ni écrire, cela toutes les dictatures le savent, mais une humanité qui demeure limitée et bornée court à sa perte, et désormais, il est sûr qu’aucun progrès ne peut être réalisé, en dehors de la culture écrite. D’où il importe que ne cesse de croître le nombre d’hommes et de femmes capables de pouvoir maîtriser l’écrit dans leur quotidien. Cette exigence, c’est celle qui doit être au cœur de toute démocratie. Sans nos financeurs, nous, administrateurs et salariées du Centre Ressources Illettrisme de Meurthe-et-Moselle, ne pourrions la faire valoir. Dans le cadre de cette préface, nous tenons donc à remercier ceux qui, par le biais des subventions qu’ils nous octroient, nous permettent de continuer à mettre en place des actions telles que les Défis de l’écriture pour lutter contre l’illettrisme.

“Toute vie véritable est rencontre”, a écrit Martin Buber, philosophe autrichien pour lequel l’homme ne peut accéder à une vie authentique que s’il entre dans la relation. Alors, que vous soient sources de plaisir les rencontres que vous allez faire en découvrant les textes qui composent le livret que vous tenez dans vos mains.

Geneviève HENRY – COLIN,

Défis de l'écriture 2011

Jamais je n'oublierai………

Ce n'est jamais qu'une histoire
Comme celle de milliers de gens
Mais voilà c'est mon histoire
Et bien sûr c'est différent
On essaie, on croit pouvoir
Oublier avec le temps
On n'oublie jamais rien, on vit avec.

Hélène SEGARA,
On n'oublie jamais rien, on vit avec

Jamais je n'oublierai…………

Ces quatre mots, il suffit de les entendre pour percevoir la détermination qui habite celui qui les prononce, celui qui n'oublie pas. Mais qu'est-ce qu'oublier ? Oublier c'est "ne pas avoir le souvenir d'une chose, d'un événement, d'une personne", nous dit le dictionnaire Le Robert. D'où on peut déduire qu'en disant "Jamais je n'oublierai", on signifie : "Toujours je me souviendrai".

Souvenirs. Il suffit de prononcer ce mot pour qu'aussitôt notre esprit se transporte en arrière, nous permettant ainsi de convoquer, et de rejoindre, notre passé. Un passé qui, à l'occasion d'un mot, d'un geste, d'une odeur, d'une rencontre, d'une parole, resurgit à notre mémoire. Spontanément, sans même qu'on l'ait convoqué, le souvenir nous donne à revivre tel moment, quelquefois bon, quelquefois moins, mais c'est ainsi, on n'a pas eu le temps de choisir, on a été pris au dépourvu. Là, il est de nouveau là le moment autrefois vécu, intensément présent, si clair qu'on peut encore en détailler précisément le déroulé avec des mots et des expressions qui permettent de percevoir la charge émotionnelle qui l'a accompagné.

Cette évocation de souvenirs, c'est ce qu'il a été proposé de faire à des hommes et à des femmes qui sont engagés dans l'apprentissage, ou la réappropriation, de la langue française. Certains fréquentent les ateliers que mettent en place les structures implantées dans les territoires d'action sociale, d'autres bénéficient d'un accompagnement individuel par un bénévole du CRIL54, mais tous ont répondu à l'invitation du CRIL. S'il est vrai que ceux qui sont plus avancés dans la langue ont peut-être eu moins de mal, on peut cependant imaginer que, pour tous, la tâche s'est traduite par l'obligation de résoudre nombre de difficultés, tant il est avéré que l'apprentissage langagier n'est pas chose aisée, et encore moins quand il concerne la forme écrite.

Ayant conscience de ces difficultés, nous tenons ici à saluer le courage qu'a su prendre chacun de ceux qui ont accepté de participer à l'aventure des Défis de l'écriture. Certains sont des fidèles, d'autres sont là pour la première fois. Parmi ces primo participants il y a ainsi vingt-cinq jeunes ayant moins de vingt-cinq ans.

Le courage d'écrire, ils sont cent soixante Meurthe et Mosellans à l'avoir pris. Les lisant, on apprend que, pour nombre d'entre eux, ne se peuvent oublier les moments ayant partie liée avec le drame, ceux qui concernent ces deux points extrêmes que sont la naissance et la mort, ceux qui n'arrivent qu'une fois. Constituent un autre ensemble important, les personnes qui, jamais, ne pourront oublier le pays d'où elles viennent, ou leur arrivée en France. Reste les thèmes plus disparates. Là, on trouve le souvenir d'un être cher ou redouté, celui d'un voyage, d'une réussite, d'une rencontre. Hétéroclite est la production, mais toujours forte, car essentiellement empreinte de l'émotion qui a marqué chacune des tranches de vie qui sont rapportées.

Passé le temps de l'écriture, le texte de chacun est parti au Centre Ressources Illettrisme où il a rejoint ceux qui, ainsi que lui, ont été écrits dans le cadre des Défis de l'écriture. Au Centre, il a été scanné, ou dactylographié, puis inclus dans l'ensemble à partir duquel l'imprimeur réalise le recueil qui est distribué lors de la manifestation de clôture de l'opération. A ce propos, impossible de taire ce moment, à la fois beau et simple, où chaque écrivant reçoit l'ouvrage qui contient son texte. Lui qui - elle qui - est en peine avec l'écrit, il a - elle a - maintenant, son nom et ses mots, dans un livre, un vrai.

Ces mots, pour parvenir à les comprendre et à en maîtriser l'emploi, il est sûr qu'il est préférable de n'être pas seul et ce préambule souffrirait de l'absence d'une dimension s'il ne mentionnait pas ceux qui accompagnent les personnes que l'on nomme "apprenantes". Car, là aussi il est nécessaire de faire effort, tant il est vrai que l'on n'enseigne pas à des adultes avec des méthodes destinées aux enfants. D'où l'importance de chercher, de questionner sa pratique, de la confronter à celles d'autres intervenants, soit toutes démarches qui exigent de se montrer disponible et de prendre le temps. Ici, nous tenons donc à remercier ces enseignants d'un type un peu spécial, pour leur générosité et leur implication.

Reste que cette action ne pourrait être si elle n'était soutenue par les organismes qui nous accordent une aide financière. La subvention que chacun d'eux nous octroie nous est indispensable pour continuer à exister, aussi la recevons-nous comme une marque de confiance à l'égard des actions que nous mettons en place pour contribuer à la lutte contre l'illettrisme. Ici même, nous tenons à leur adresser nos remerciements.

Geneviève HENRY – COLIN,

Défis de l'écriture 2010

Si  je  pouvais  changer ………

Mon enfant, ma sœur,
Songe à la douceur
D'aller là-bas vivre ensemble !
……………………………

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Charles BAUDELAIRE,
L' Invitation au voyage

Si je pouvais changer…………

Changer d'air, et aller respirer celui du large ou des sommets. Changer d'époque et aller mettre ses pas dans ceux de ses ancêtres, à moins d'imaginer ceux de ses descendants. Changer de lieu de vie, et aller s'installer à la campagne, ou au bord de la mer, dans le village de son enfance ou dans cette ville du sud que l'on aime tant. Changer de tête ou de taille. Changer la façon de gérer son quotidien ou l'occupation de son temps libre. Changer de métier, de collègues ou de patron. Prendre aussi la liberté de changer de conjoint ou d'enfants, et de les remplacer par d'autres. Mais lesquels ? Et pourquoi ne pas changer de sexe, et voir ainsi ce qu'il en est quand étant homme, on devient femme, ou vice versa ? Tant qu'à oser, pourquoi ne pas imaginer devenir plante, animal, poisson, objet ?

Tout n'est-il pas permis lorsqu'on commence sa phrase par  "Si" ? "Si" : deux petites lettres, pour un immense pouvoir : celui de transformer soi-même et les autres, l'environnement proche et lointain, toutes les données, surtout celles trop connues et trop maîtrisées.

"Si" : la baguette magique qui provoque instantanément l'ouverture de toutes les portes, la clef grâce à laquelle l'impossible peut devenir possible, le code qui fait sauter tous les verrous. "Si" : le rêve, enfin devenu réalité.

Ce rêve, en cette année 2010, cent soixante-cinq Meurthe et Mosellans ont osé le caresser. Pour ce faire, ils se sont inscrits aux Défis de l'écriture, manifestation que le Centre Ressources Illettrisme de Meurthe-et-Moselle (CRIL54) organise chaque année, depuis 2003. Ces participants, on sait qu'ils sont souvent en délicatesse avec l'écrit, et pourtant, ils l'affrontent. Pour les Défis de l'écriture, certains ont travaillé seuls ; d'autres, ont choisi de s'y mettre à plusieurs, mais tous ont pris le courage d'écrire, un courage qu'il nous importe de saluer quand on sait combien il est difficile de se trouver devant une page blanche, en se demandant comment traduire en mots et en phrases les idées que l'on a dans la tête.

Ainsi qu'il en a été au cours des années précédentes, tous les textes qui ont écrits dans le cadre des Défis de l'écriture ont été envoyés au Centre Ressources Illettrisme, pour y être scannés ou dactylographiés, en vue d'être intégrés au recueil imprimé que reçoit chaque participant à l'issue de l'entreprise. Alors, chacun peut prendre conscience du chemin qu'il a su parcourir. Changement de regard sur soi.

A ces écrivains en herbe, nous n'oublions pas d'associer celles et ceux qui les accompagnent, toutes ces personnes qui, bénévolement, ainsi que dans le cadre d'organismes ou d'associations, font un bout de chemin avec ces hommes et ces femmes qui, un jour, ont décidé de dépasser leur fâcherie avec l'écrit. D'aucuns les appellent enseignants, et d'autres formateurs, mais là n'est pas le plus important. Non ! Ce qui mérite d'être souligné c'est la générosité de ces intervenants qui donnent un peu de leur temps libre pour accompagner des adultes sur la voie de l'accès à une meilleure maîtrise des codes de l'écrit. Que chacun des médiateurs qui s'est impliqué dans cette opération des Défis de l'écriture 2010 trouve ici l'expression de nos remerciements.

Mais que serait cette action si elle n'était soutenue par ceux qui sont nos financeurs ? Que soit précieuse la manne financière qu'ils nous accordent, nul ne peut en douter. Mais nous la voyons aussi comme une marque de confiance et un encouragement à poursuivre les actions que nous menons dans le cadre de la lutte contre l'illettrisme. Aux responsables des organismes qui nous financent, nous adressons ici un grand "Merci".

 

Geneviève HENRY – COLIN,

Presse

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