Défis de l’écriture 2010 – « Si je pouvais changer »

Si  je  pouvais  changer ……… Mon enfant, ma sœur, Songe à la douceur D’aller là-bas vivre ensemble ! …………………………… Là, tout n’est qu’ordre et beauté, Luxe, calme et volupté. Charles BAUDELAIRE, L’ Invitation au voyage Si je pouvais changer………… Changer d’air, et aller respirer celui du large ou des sommets. Changer d’époque et aller mettre ses pas dans ceux de ses ancêtres, à moins d’imaginer ceux de ses descendants. Changer de lieu de vie, et aller s’installer à la campagne, ou au bord de la mer, dans le village de son enfance ou dans cette ville du sud que l’on aime tant. Changer de tête ou de taille. Changer la façon de gérer son quotidien ou l’occupation de son temps libre. Changer de métier, de collègues ou de patron. Prendre aussi la liberté de changer de conjoint ou d’enfants, et de les remplacer par d’autres. Mais lesquels ? Et pourquoi ne pas changer de sexe, et voir ainsi ce qu’il en est quand étant homme, on devient femme, ou vice versa ? Tant qu’à oser, pourquoi ne pas imaginer devenir plante, animal, poisson, objet ? Tout n’est-il pas permis lorsqu’on commence sa phrase par  « Si » ? « Si » : deux petites lettres, pour un immense pouvoir : celui de transformer soi-même et les autres, l’environnement proche et lointain, toutes les données, surtout celles trop connues et trop maîtrisées. « Si » : la baguette magique qui provoque instantanément l’ouverture de toutes les portes, la clef grâce à laquelle l’impossible peut devenir possible, le code qui fait sauter tous les verrous. « Si » : le rêve, enfin devenu réalité. Ce rêve, en cette année 2010, cent soixante-cinq Meurthe et Mosellans ont osé le caresser. Pour ce faire, ils se sont inscrits aux Défis de l’écriture, manifestation que le Centre Ressources Illettrisme de Meurthe-et-Moselle (CRIL54) organise chaque année, depuis 2003. Ces participants, on sait qu’ils sont souvent en délicatesse avec l’écrit, et pourtant, ils l’affrontent. Pour les Défis de l’écriture, certains ont travaillé seuls ; d’autres, ont choisi de s’y mettre à plusieurs, mais tous ont pris le courage d’écrire, un courage qu’il nous importe de saluer quand on sait combien il est difficile de se trouver devant une page blanche, en se demandant comment traduire en mots et en phrases les idées que l’on a dans la tête. Ainsi qu’il en a été au cours des années précédentes, tous les textes qui ont écrits dans le cadre des Défis de l’écriture ont été envoyés au Centre Ressources Illettrisme, pour y être scannés ou dactylographiés, en vue d’être intégrés au recueil imprimé que reçoit chaque participant à l’issue de l’entreprise. Alors, chacun peut prendre conscience du chemin qu’il a su parcourir. Changement de regard sur soi. A ces écrivains en herbe, nous n’oublions pas d’associer celles et ceux qui les accompagnent, toutes ces personnes qui, bénévolement, ainsi que dans le cadre d’organismes ou d’associations, font un bout de chemin avec ces hommes et ces femmes qui, un jour, ont décidé de dépasser leur fâcherie avec l’écrit. D’aucuns les appellent enseignants, et d’autres formateurs, mais là n’est pas le plus important. Non ! Ce qui mérite d’être souligné c’est la générosité de ces intervenants qui donnent un peu de leur temps libre pour accompagner des adultes sur la voie de l’accès à une meilleure maîtrise des codes de l’écrit. Que chacun des médiateurs qui s’est impliqué dans cette opération des Défis de l’écriture 2010 trouve ici l’expression de nos remerciements. Mais que serait cette action si elle n’était soutenue par ceux qui sont nos financeurs ? Que soit précieuse la manne financière qu’ils nous accordent, nul ne peut en douter. Mais nous la voyons aussi comme une marque de confiance et un encouragement à poursuivre les actions que nous menons dans le cadre de la lutte contre l’illettrisme. Aux responsables des organismes qui nous financent, nous adressons ici un grand « Merci ».  

Geneviève HENRY – COLIN,