Défis de l’écriture 2013 – « Cet objet, il me vient de…..»

Cet objet, il me vient de……

2013 : Les Défis de l’écriture ont dix ans.

Dix ans, c’est un anniversaire, et un anniversaire, ça se fête. Comment ? En offrant un cadeau.

“Anniversaire” – “Cadeau”, c’est à partir de ces deux idées qu’a peu à peu émergé l’incipit proposé par le CRIL54 à toutes les personnes désireuses de participer aux Défis de l’écriture 2013 :

Cet objet, il me vient de………

Ainsi qu’il apparaît quand on la lit, cette proposition peut être considérée selon deux points de vue : celui de “l’objet” – celui de “l’origine”. Cette double polarisation, on la perçoit bien quand on lit l’ensemble des textes qui constituent ce recueil.

Les objets, d’abord. Sans aucun conteste, ce sont les bijoux qui arrivent à la première place. Dans cette catégorie, on trouve donc pêle-mêle bagues, bracelets, montres, colliers, pendentifs, broches, médaillons, boucles d’oreilles, et même une vraie perle, découverte à l’occasion d’un repas de Noël. Une fois recensés ces objets dits “précieux”, procéder à l’inventaire conduit à organiser un grand cortège, façon Prévert, dans lequel on croiserait un chat portant châle et chaussons, des miniatures consultant leurs portables en buvant du café, un nounours jouant de la guitare dans sa maison pleine de bibelots, une peluche veillant sur ses boîtes de souvenirs, des talismans et des porte-bonheur étroitement surveillés, un chaton bleu, regardant la télé sur un tapis tandis que son frère de race, mais russe, apprend le français, un doudou dodelinant de la tête au rythme de son MP3, un jeune homme fumant la pipe, un passeport cherchant son permis de conduire, des parents éternellement jeunes, regard perdu dans le lointain. Et, à l’ombre de la Tour Eiffel, posés à même le sol sur une couverture crochetée : une écharpe, des effets vestimentaires, des appareils-photos, des vases, des tasses, des flacons, un réveil, une clochette, un billet de banque, un crayon khôl, un mouchoir, des boîtes de toutes tailles, des postes transistors, une machine à coudre, un sac de plomberie, un banc de musculation, un vélo. Bref, de quoi remplir sans difficulté la caverne d’Ali Baba.

S’agissant de l’origine, on est à nouveau devant une double focalisation, selon que l’écrivant a privilégié le donateur ou l’espace géographique originel. Ici, surgit le souvenir du pays, de la ville, de la parentèle demeurée là-bas. “Là-bas” c’est l’Albanie, la Thaïlande, Athènes, le Burkina, le Mexique, l’Italie, Tbilissi, l’Arménie, la Turquie, le Maghreb, l’Asie, les Comores. Quant à “eux”, ce sont le père, la mère, la grand-mère, les amis, les frères, “eux” présents pour soi au travers de l’objet que l’on garde précieusement.

Parler de l’objet, le décrire, permet d’ouvrir la porte du souvenir : celui du vécu étant enfant, celui des proches que l’on a dû quitter. Chaque fois que le regard se pose sur l’objet, fût-ce un instant, l’esprit fait alors un saut dans le passé, et invite à dire “Je me souviens”. De celui, de celle, qui est loin mais qui vit à l’intérieur de moi.

Cet objet, il me vient de ……”. Cette année 2013, cent quatre-vingts personnes résidant en Meurthe-et-Moselle se sont saisies de la proposition pour écrire un texte et l’envoyer au CRIL. En 2003, soixante-sept Meurthe-et-Mosellans avaient répondu à l’invitation d’écrire lancée par le CRIL54. Cette augmentation du nombre des participants laisse apparaître deux points importants. D’abord, et avant tout, que sont maintenant plus nombreux les formateurs convaincus du fait qu’il est important d’écrire pour parvenir à maîtriser l’écrit. Mais aussi, que nos sociétés comptent en leur sein un certain nombre d’adultes qui prennent le courage d’affronter les arcanes de la langue française avec le désir de parvenir à les franchir. Car il faut de la volonté pour apprendre à mettre les mots en texte en les agençant de façon cohérente, de même qu’il faut du cœur pour transmettre en respectant le rythme de chacun. Ceci étant, qu’ils soient intervenants formateurs ou apprenants, les responsables du CRIL tiennent à remercier tous ceux qui, cette année et les précédentes, ont participé aux Défis de l’écriture, car c’est un beau cadeau qu’ils offrent en ce dixième anniversaire de ladite opération.

A l’heure de la technologie avancée, l’écrit peut paraître à certains suranné, dépassé. Et pourtant ? Et pourtant, force est de constater que tout perfectionnés que soient des outils comme Internet ou les tablettes tactiles, ils nécessitent de maîtriser l’écrit pour être efficaces. D’où l’utilité d’associations qui, telles le CRIL54, constituent des relais permettant d’accéder à la maîtrise de la langue française.

Reste que, bien qu’étant modeste, le CRIL a besoin d’argent pour pouvoir subsister. Nous ne saurions donc clore cette manifestation sans remercier chaleureusement les administrations et organismes qui, année après année, nous accordent leur aide financière. Leur geste a pour nous valeur de soutien à l’action que nous menons et d’encouragement à la poursuivre. Alors, “Merci ” à eux et à tous ceux qui nous apportent leur concours.

L’homme a gagné en humanité, en force de raisonnement et en savoir en accédant à l’écrit. Que chacun se souvienne de cette réalité  quand il découvrira les textes imprimés dans le recueil produit à l’occasion du dixième anniversaire des Défis de l’écriture.

Geneviève HENRY – COLIN,

Recevoir notre actualité