Défis Jeunes 2012 – « Sur mon chemin, j’ai rencontré…..Jamais je n’oublierai……»

Sur mon chemin, j’ai rencontré……..

Jamais je n’oublierai ………

Défis Jeunes de l’écriture :

En langage contemporain, on appellerait cela un “nouveau concept”. Nouveau ? Pas entièrement, en vérité. En effet, aucun de ceux qui fréquentent le Centre Ressources n’ignore que, chaque année, depuis 2003, on y organise quelque chose qui est intitulé Défis de l’écriture, soit, une opération dont l’objectif principal est d’amener des personnes en délicatesse avec l’écrit à s’engager dans la production d’un texte. Pour exigeant que soit le défi, force est de reconnaître que, les années passant, il est relevé par un nombre toujours grandissant de participants. Reste que, en analysant de près les profils de ces derniers, les organisateurs en viennent invariablement à la même conclusion : peu, très peu d’inscrits ont moins de vingt-six ans. Forts de ce constat, appuyés par certains financeurs, en mars 2011, les responsables du CRIL ont donc décidé de lancer les Défis Jeunes de l’écriture. La décision une fois prise, ne restait qu’à la mettre en forme pour la rendre opérationnelle.

Le CRIL ne pouvant agir seul, contact est alors pris avec un certain nombre de lieux que fréquentent les jeunes.

  • La proposition ? Ecrire, à partir de deux embrayeurs : Sur mon chemin, j’ai rencontré…… et Jamais, je n’oublierai…………
  • La présentation de l’écrit, à savoir celle qui sera préparée en vue de la manifestation finale ? Libre aux participants de la concevoir à leur gré, ceci signifiant qu’elle peut consister en une lecture, une théâtralisation, une vidéo, une production graphique, un parcours photographique, une mise en voix accompagnée de musique.
  • L’objectif ? Amener des jeunes qui sont en difficulté quand ils doivent lire, ou écrire, à prendre conscience qu’ils sont capables de produire un texte.
  • Le terme de l’opération ? Fin mai 2012, pour le dépôt des écrits ; juin 2012, pour la manifestation de clôture.
  • Le public ? Des jeunes de moins de vingt-six ans, ceci en prenant délibérément le parti de s’adresser dans le même temps à des jeunes qui sont encore dans le système scolaire et à d’autres qui l’ont quitté.

Ces points d’ancrage une fois définis, est venu le temps des rencontres avec différentes structures. Se sont ainsi mobilisés : deux établissements de l’association REALISE – les collèges Claude le Lorrain, de Nancy Haut du Lièvre, et René Nicklès, de Dommartemont – le centre maternel Clair Logis – le Dispositif Réussite Educative de Laxou, DRE – l’association ASAE Francas – la MJC du Haut du Lièvre – l’association Vivre dans la Ville, de Vandoeuvre les Nancy.

Laborieux, fut le démarrage et il fallut solliciter à plusieurs reprises, mais, prenant appui sur quelques convaincus, l’entreprise a réussi à adopter une certains vitesse de croisière à dater de septembre 2011. Ceci est si vrai que, fin mai, ce n’est pas moins de soixante-dix textes qui sont parvenus au CRIL, la majorité d’entre eux étant d’ailleurs de fort bonne taille.

Le contenu ? Bien que l’on ait affaire à de jeunes adultes et à beaucoup d’adolescents, voire à de jeunes enfants, c’est la proposition Jamais, je n’oublierai…… qui apparaît avoir été la plus stimulante. Et quand on a entre quinze et vingt-cinq ans, que n’oubliera-t-on jamais ? Largement en tête des souvenirs, il y a celui de la première rencontre amoureuse et du baiser qui l’a accompagnée. Quant aux autres, ils parlent des parents, de l’école, de savoirs acquis, des amis, des fêtes, des manèges. Certains évoquent le pays qui a été quitté. Beaucoup témoignent de douleurs, de souffrances, de solitude, de déceptions, de blessures, voire de trahisons. Nombreux sont aussi les mots qui font référence à l’absence, au silence et en viennent à composer des textes tout en nuances et en non-dits. Ainsi qu’on peut le constater, l’ensemble est riche d’un vécu qui vaut d’être inscrit dans les pages d’un livre.

Ces jeunes qui, dépassant réticences et difficultés, ont osé écrire quelque chose de leur vécu intime, nous saluons le courage qu’ils sont su prendre quand il leur a fallu s’atteler à la tâche et s’y tenir, ceci signifiant se saisir d’un stylo, se trouver confronté à une feuille blanche, poser un mot, puis deux, en se disant qu’on n’y arrivera pas. D’autant que, pour plusieurs de ces garçons et filles, l’exercice n’est pas sans réveiller de douloureux souvenirs scolaires. Un grand merci aussi à ceux et à celles qui ont accompagné, encouragé, stimulé, aidé, fait émerger les idées. Aujourd’hui, tous ces mots qui ont été calligraphiés les voilà imprimés dans le recueil que vous avez entre les mains : moment suprême s’il en est, que celui où l’écrivant voit son nom et ce qu’il a écrit, imprimés noir sur blanc.

Reste que cette action n’aurait pu être si elle n’avait été soutenue par les organismes qui nous ont accordé une aide financière. Cette subvention, nous la recevons comme une marque de confiance à l’égard des actions que nous mettons en place pour contribuer à la lutte contre l’illettrisme. Au nom du CRIL et de ceux qui bénéficient de ces dons, nous adressons nos remerciements aux organismes qui nous apportent aide et soutien.

Geneviève HENRY – COLIN,

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